Cabaret Barge #7

À PROPOS DU CABARET BARGE

Le Cabaret Barge, imaginé par Bonsoir Paris, est une scène libre et indisciplinée, un mercredi par mois au Rosa Bonheur sur Seine.
Ici, le cabaret retrouve sa force politique et son feu populaire : un art vivant, hybride, traversé par la chanson, la performance, la poésie, le burlesque, le transformisme. Chaque édition est une fabrique de joie, de désir, d’émotion brute et d’humour cinglant. On y célèbre les voix, les corps, les luttes, les désirs, les fêlures. Ce n’est pas qu’un spectacle : c’est un cri, une rencontre, une fête habitée. Un cabaret contemporain, queer, incarné. Un laboratoire de beauté brûlante. Une déclaration d’amour à la scène. Un hommage vibrant à l’art total.

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Mercredi 6 mai 2026 – 20h – Entrée libre
Rosa Bonheur sur Seine — 2 Port des Invalides, 75007 Paris

Cabaret Barge #7 – Fais c’qui t’plaît – Rosario chante Dalida

CABARET BARGE #7 — ROSARIO CHANTE DALIDA – Fais ce qu’il te plaît
Avec : Annabelle Moaty / Marie Seguin / Marie Surget MC / direction artistique : Enjalstrass (Emma Enjalbert)

Un spectacle Bonsoir Paris

Au Cabaret Barge, on ne vient pas cirer le patrimoine. On vient lui redonner du nerf. Pour cette septième édition, Bonsoir Paris invite Rosario pour une traversée Dalida à trois voix, trois corps, trois tempéraments — et aucune intention de transformer cette femme-là en relique sage. Rosario, c’est Annabelle Moaty, Marie Seguin et Marie Surget : trois chanteuses, comédiennes et musiciennes qui reprennent Dalida là où ça brûle encore. Les chansons passent par la polyphonie, par le solo, par le frottement des voix, avec guitare électrique, clarinette, accordéon et tambourin. Chez elles, le répertoire ne se contente pas d’être “joli” : il redevient drôle, troublant, tendre, excessif, parfois mélancolique, parfois franchement flamboyant.

Dalida, ici, n’est pas mise sous verre. Elle revient sur scène avec ses contradictions, son glamour, son drame, sa puissance populaire, son goût du trop et sa science du coeur fendu. Rosario déshabille les arrangements d’origine, déplace les couleurs, bouscule les réflexes d’écoute, et fait apparaître sous les tubes une matière beaucoup plus vive : du désir, de la solitude, de l’humour, de l’aplomb, de la beauté qui ne s’excuse pas d’être théâtrale.

Le titre de cette édition, Fais ce qu’il te plaît, annonce la méthode. On ne demandera pas la permission. On prendra Dalida du côté de la liberté, du jeu, de l’élégance qui déraille, du cabaret qui pense autant qu’il divertit. Pas un hommage empesé. Pas une soirée à révérence. Plutôt une invitation à refaire circuler ces chansons dans le présent, dans la nuit, dans les corps, dans une joie un peu insolente — la seule qui vaille vraiment.

Et c’est précisément là que le Cabaret Barge aime se tenir : dans cet endroit où la fête n’est pas un décor, où le populaire n’est jamais un sous-genre, où l’on peut rire, chanter, vaciller, désirer et penser dans un même mouvement. Un cabaret contemporain, libre, queer, sensible, frontal quand il le faut, mais toujours vivant. Une scène qui préfère l’élan au bon goût, le trouble à la naphtaline, et la présence réelle aux effets de vitrine.

Annabelle Moaty
Chanteuse et comédienne, Annabelle Moaty est formée au violon, à la danse classique, puis au chant lyrique à la Maîtrise du CRR de Paris et au jeu d’acteur à l’École Claude Mathieu. Elle développe un travail à la croisée du théâtre, du chant et de la scène cabaret, et se produit notamment dans différentes créations cabaret, dont le Cabaret Barge, dont elle est l’une des fil rouge de cette saison, ainsi qu’au sein de l’ensemble Rosario et du groupe L’Annamour.

Marie Seguin
Chanteuse, comédienne et musicienne, Marie Seguin se forme à Paris après un premier parcours en théâtre et en musique en Lozère, puis sort de l’École Claude Mathieu en 2020. Clarinettiste, guitariste et chanteuse, elle collabore avec plusieurs compagnies de théâtre, participe au collectif Capsules, et mène également un travail de transmission autour du chant et de la comédie musicale.

Marie Surget
Comédienne, chanteuse et danseuse, Marie Surget est formée à l’École Claude Mathieu. Elle fonde la compagnie La Roue, au sein de laquelle elle crée des spectacles mêlant théâtre, musique et chant, avec une sensibilité affirmée pour un cabaret contemporain singulier. Elle développe parallèlement un travail d’interprète et de transmission, notamment auprès de jeunes publics autour de la création de comédies musicales.

Sylvie Ferrié
Metteuse en scène, Sylvie Ferrié développe un parcours éclectique dans le théâtre et le spectacle musical. Directrice artistique de la compagnie Les Sales Gosses, elle a signé des créations allant du one-man-show à des formes plus visuelles et musicales, avec un goût marqué pour le travail collectif, la métamorphose scénique et l’alliance du jeu, de la lumière et du son.

Les prochaines éditions du Cabaret Barge
Cabaret Barge #8 – Mercredi 3 juin 2026 – LA FÉLICITÉ – DISCO & Co

 


Le cabaret - Rosa Bonheur sur Seine

Un refuge dans la nuit

Le cabaret, ce n’est pas qu’un décor en velours rouge. C’est une gueule ouverte qui avale la société grise pour la recracher en couleurs. Avant que Queer ne devienne un drapeau, le cabaret en était déjà le tissu.

Fin XIXe, à Montmartre, ça commence : Le Chat Noir de Rodolphe Salis, puis Le Moulin Rouge de la Goulue et de Nini Patte-en-l’air. C’est crasseux, brillant, ça sent la sueur, mais ça vit. Entre deux chansons grivoises, des poètes et des déclassés inventent un monde parallèle. On boit, on blasphème, on s’habille en femme ou en dandy, on rit de ceux qui pensent avoir du pouvoir.

Puis vient la déflagration : le Berlin des années 1920. Weimar est une fête qui brûle par les deux bouts. Des artistes comme Marlene Dietrich, androgyne sublime, défient le genre. Les cabarets de Kreuzberg deviennent des zones autonomes avant l’heure, où les queers, les travestis, les amants interdits respirent librement. Anita Berber danse nue, couverte de sang ou de vernis rouge, dans un Berlin où la décadence est un art.

Et quand les nazis ferment la fête, ferment la vie,  le cabaret passe en clandestinité. Il migre : Harlem, années 30. Les drag balls font scintiller les églises abandonnées. Des reines noires en plumes et en sequins défilent sous les regards des initiés.

Plus tard, dans les années 50, Julian Eltinge, travesti superstar, inspire une génération entière. Et dans les sous-sols des speakeasies new-yorkais, des queens montent sur des planches bancales pour inventer un art qu’aucune école ne valide mais que la nuit applaudit.

Les années 70 explosent avec Divine et l’univers trash de John Waters, Hibiscus et les Cockettes de San Francisco, qui débarquent sur scène en robes de grand-mère cousues de paillettes et en chantant la fin du patriarcat. Le cabaret devient drag, punk, politique. Chaque show est un doigt levé, chaque chanson un acte de résistance.

Aujourd’hui encore, le cabaret queer continue de se réinventer. Des artistes comme Amanda Lepore, Justin Vivian Bond ou les troupes post-drag comme Sink the Pink prolongent le cri. C’est un héritage vivant : un endroit où le genre se plie et se brise, où la honte devient costume et où la survie s’appelle performance.

Le cabaret, c’est ça :
Un confessionnal païen.
Une scène bricolée où l’on renaît tous les soirs.
Un crachat dans la gueule de l’ordre.
Une promesse : ici, tu peux être monstrueux·se, sublime, indécent·e et personne ne t’arrêtera.

Et maintenant ?
En partenariat avec Bonsoir Paris, l’envie est née de continuer cet héritage.
Au Rosa Bonheur sur Seine, tous les premiers mercredis du mois, un·e artiste de cabaret viendra allumer la scène, faire claquer les plumes, tordre les genres et rappeler au monde que la nuit appartient toujours aux indociles.


Le Cabaret Barge au Rosa Bonheur sur Seine

Cabaret Barge - Le nouveau rendez-vous Queer de Rosa Bonheur sur Seine

Mercredi 5 novembre, LE CABARET BARGE REVIENT POUR SA DEUXIEME ÉDITION – ON SORT CE SOIR ?
20h / entrée libre.

LE CABARET BARGE REVIENT POUR SA DEUXIEME ÉDITION – ON SORT CE SOIR ?

Mercredi 5 novembre 2025 – 20h / entrée libre 

Le Cabaret Barge ,  imaginé par Bonsoir Paris est né d’un désir simple et radical : faire de la fête un manifeste. Chaque premier mercredi du mois, au Rosa Bonheur sur Seine, artistes, publics et complices se retrouvent pour inventer un espace où la nuit se fait scène, où la création se mêle au clubbing, où la joie se vit comme un geste politique. Ni cabaret au sens classique, ni spectacle figé, le Cabaret Barge est une traversée insolente, populaire et hybride : un lieu où la musique dialogue avec le texte, où les corps portent la mémoire, où l’art s’éprouve dans la chaleur du collectif.

À chaque édition, une nouvelle proposition, une nouvelle utopie en mouvement: danser, écouter, vibrer et résister ensemble.

Pour ce deuxième rendez-vous du mercredi 5 novembre, une question : “On sort ce soir ?”. Comme une promesse, une déclaration de vie. Une invitation autant qu’une nécessité.

Une expérience scénique inédite : Nicolas Cartier traverse la langue de Dustan en dialogue avec la création musicale de Kerwin Rolland et le DJ Didier Léglise, sous la direction de Mirabelle Rousseau, entre pulsation techno et incandescence verbale. Une plongée sensorielle où l’écriture rejoint la danse, où le récit devient souffle, battement, appel. Une expérience où la parole de Dustan, scandée, traversée, se déploie au rythme d’une pulsation techno : comme un battement de coeur, comme un souffle de survie, comme l’écho des années sida et l’avènement des cultures électroniques.

En ouverture de soirée, le piano-bar techno sera orchestré par Kahina Ouali, pianiste-chanteuse à la présence magnétique, qui tisse sa voix et son clavier pour convoquer l’atmosphère des années 90–2000 : l’époque de la house, de la techno, et de la vie qui persiste malgré tout. Elle installe d’emblée une ambiance entre mémoire et fête, donnant à cette introduction musicale la puissance d’un rituel d’entrée.

Parce que ce soir, comme hier et demain, on sort. 

Photo : ©Muriel Malguy